Le Kindle d’Amazon disponible dans 100 pays, mais pas au Canada

Amazon commercialise une nouvelle version du Kindle hors des États-Unis pour rejoindre l’Europe, l’Amérique latine ou l’Asie mais pas le Canada…

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Offert au prix de 279$ US, avec des suppléments pour l’importation et le transport comme le souligne e-Bouquin.

C’est donc une tentative de positionnement international afin de faire évoluer les négociations avec les éditeurs, notamment européens, comme le mentionne Hubert Guillaud, de La Feuille.

Le marché canadien a cependant évolué avec l’arrivée récente du Cybook Opus de Booken disponible chez Archambault qui offre aussi les lecteurs de Sony.

MAJ 20h48 Un article du Globe and Mail explique les enjeux liés aux négociations pour l’accès au réseau sans fil.

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Assises internationales de l’imprimé et du livre électronique de Montréal

L’édition électronique est une réalité qui s’est imposée au cours des dernières années dans l’édition savante. Plus de 55% du budget d’acquisition de la Bibliothèque de l’Université Laval est consacré à l’électronique pour les bases de données, périodiques ou livres électroniques. L’innovation se poursuit au niveau des presses universitaires pour passer à l’électronique ou l’impression à la demande et les universités américaines expérimentent déjà le manuel électronique.

L’arrivée du Kindel 2, du Sony PRS 600 et d’Archambault dans le paysage permettent d’entrevoir que le phénomène touchera bientôt un plus large public.

Les Assises internationales de l’imprimé et du livre électronique de Montréal arrivent à point pour nous aider à mieux comprendre le phénomène. L’évènement se déroulera les 30 septembre et 1er octobre à l’UQAM. Parmis les partenaires des assises, il sera intéressant de suivre les interventions des représentants de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec, de l’ASTED, l’Association nationale des éditeurs de livres, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec et des presses universitaires présentes (PUL, PUM et PUQ)

L’évènement est organisé par Éric Le Ray qui a dirigé la rédaction du livre La bataille de l’imprimé à l’ère du papier électronique, ce sera assurément intéressant!

Les coûts de participation pour un tel événement sont plus que raisonnables: 100$ pour les deux jours avec un prix spécial pour les étudiants de 15$ à la journée ou 30$ pour les deux jours!

Pour en savoir plus:
Le site de l’organisation
La présentation de l’événement
Le programme détaillé

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Expérimentation du manuel scolaire numérique en France

Signe d’une adaptation aux habitudes de la nouvelle génération, une expérimentation est testée dans deux écoles des Alpes-Maritimes en France. Les élève pourront ainsi accéder à leurs manuels de français, mathématiques et histoire-géographie en classe, au centre de documentation ou de la maison pendant l’année scolaire et sans qu’il y ait de frais supplémentaires pour les parents.

Via Actualitté
Communiqué officiel
Interface utilisée : Laclasse.com

Pour en savoir plus:
« Dossiers de l’ingénierie éducative » sur le manuel numérique : politique ministérielle, perspective historique, point de vue des éditeurs et des enseignants…

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Vidéos pour comprendre le livre électronique

L’excellent contenu du blogue « eBouquin » est maintenant enrichi de présentations vidéo sur DailyMotion et YouTube ! Pour mieux comprendre la lecture du futur et les tablettes de lecture…

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Phèdre 2.0 et la culture de l’imprimé

Par Lorenzo Soccavo

Prospectiviste du livre et de l’édition, conférencier et auteur, entre autres de “Gutenberg 2.0, le futur du livre” (M21 éditions) Lorenzo Soccavo pratique depuis 2004 une veille quotidienne sur les évolutions du livre et de son marché. Passionné de lecture et du Web 2.0 il cherche à mobiliser l’interprofession francophone du livre autour des enjeux qui se cristallisent aujourd’hui sur le monde de l’édition, avec l’émergence de nouveaux dispositifs et de nouvelles pratiques de lecture…


J’écris ce texte assis sur le canapé et l’ordinateur éteint. Je l’écris avec un stylo Bic sur un vieux cahier Clairefontaine. Qu’est-ce que cela prouve ? Seulement que je suis un immigrant du numérique et que l’humanité n’en est qu’à l’an 2009 après J.-C.

Après l’âge de l’imprimerie…

Frédéric Barbier, dans son “Histoire du livre”, dont la deuxième édition vient de sortir chez Armand Colin, rappelle qu’en 1775, Malesherbes proposa une première « analyse théorique des sociétés humaines en fonction de l’évolution de leur média principal ».

Celle-ci reste éclairante, car c’est toujours aux lumières du passé que l’homme devrait se diriger dans l’avenir.

Au premier âge, pour Malesherbes : « de la parole et de la convention verbale », succéda logiquement le deuxième, celui de l’écriture, de laquelle nous savons combien Socrate se méfiait (se référer au “Phèdre“, Phèdre 1.0 (sic) de Platon).

L’écriture, liée à la capacité de lire, et donc aussi à la possession ou à l’accès aux dispositifs de lecture, l’écriture a confisqué des siècles durant (c’est-à-dire jusqu’à l’expansion de l’imprimerie au 16e siècle) le pouvoir de la parole, au profit d’une élite religieuse et politique. Malesherbes parlait pour cette époque d’ « administration clandestine ».

Le troisième âge est celui de l’avènement de l’imprimerie, laquelle, pour Malesherbes : « a multiplié les avantages que l’écriture a procurés aux hommes et en a fait disparaître les inconvénients [en] donnant à l’écriture la même publicité qu’avait la parole dans les premiers âges… ».

Que nous réserve le quatrième âge, celui de l’après imprimerie ?

2000-2025

Nous sommes aujourd’hui en 2009. En prenant en compte la théorie de la singularité technologique, selon laquelle, observant la tendance exponentielle de l’évolution des technologies et des découvertes, nous devrions durant les prochaines décennies faire, tous domaines concernés, un gigantesque bond en avant, et en pondérant ses effets probables par la force d’inertie de groupes de pression corporatistes, guidés par leurs contraintes économiques et leurs intérêts financiers, nous pouvons, je pense, comparer la tranche 1450-1500, à celle 2000-2025 que nous traversons.

Continuité ou ruptures ?

L’étudiant Phèdre donc, mis en scène par Platon dans son discours éponyme, était un “alphabetical writing native”, un natif de l’écriture alphabétique. Luther, qui utilisa au maximum les possibilités de communication et de propagande qu’apportait la nouvelle technologie de l’imprimerie à caractères mobiles, était un “print native”.

Les e-books qu’édite aujourd’hui Publie.net, la maison d’édition de François Bon, ne seront rien d’autres que des e-incunables au regard des générations futures (mais c’est déjà bien en 2009).

Le signe typographique aujourd’hui non imprimable, appelé pied-de-mouche, servait au temps des manuscrits à signaler le début des paragraphes. Les moines copistes du moyen-âge en recopiant, en ajoutant au contenu initial, en agrégeant de l’information de sources multiples, en la commentant, voire en commentant les commentaires comme cela se pratique depuis la nuit des temps dans la culture hébraïque, les moines travaillaient déjà en mode participatif, que nous retrouvons aujourd’hui avec les blogs et les Wikis.

Les “Roues à livres” du 16e siècle permettaient de pratiquer une lecture hypertexte sans électricité ni ordinateur (sur une dizaine d’ouvrages). Les débuts de l’imprimerie connurent jusqu’à… (jusqu’au 19e siècle ?) une explosion du piratage et de la contrefaçon, dont la fameuse Encyclopédie de Diderot et d’Alembert fut amplement victime.

Si nous concevons le livre en termes de dispositif de lecture, l’interface codex a préexisté aux rouleaux, avec les tablettes d’argile empilées et réunies par des lanières de cuir. Nos ancêtres lecteurs passèrent, ensuite, aux rouleaux, et, plus précisément, du volumen antique, à déroulement horizontal, dans le maniement duquel se retrouve le geste d’un livre relié que l’on ouvre, au rotulus médiéval, à déroulement vertical, qui préfigure la lecture par défilement sur écrans d’ordinateurs, apparue au cours du 20e siècle. Dans les deux cas le texte figurait en colonnes, comme plus tard dans la célèbre Bible de Gutenberg (vers 1461). Une mise en page que nous retrouvons encore aujourd’hui, notamment dans la presse, dans des ouvrages encyclopédiques, ou sur des blogs.

Ce petit jeu peut sembler idiot, mais de tels retours vers le passé démontrent clairement qu’à l’évidence il y a plus de continuité que de ruptures dans les mutations que vit aujourd’hui le monde du livre et de l’édition.

Les livres doivent pouvoir le faire…

Tout organisme et toute organisation doit pouvoir stocker et traiter, recevoir et émettre de l’information. Nous le faisons. Les animaux le font. Les gouvernements le font. Les ordinateurs le font. Et pour les natifs du numérique (digital native) les livres doivent maintenant pouvoir le faire eux aussi.

Ce que nous vivons en 2009 cumule ce que vécurent, différemment, chacun à leur manière, Socrate (conservateur) et Luther (réformateur).

Davantage que les nouveaux dispositifs de lecture (nous constatons quotidiennement l’incapacité des tablettes e-paper à répondre aux attentes de lecteurs auto-formés à de nouvelles pratiques de lecture) ce sont les pratiques de recherche et de consultation d’informations, d’écriture et de lecture, qui mutent depuis le Web 2.0 (et j’entends “depuis” dans sa double acception : de lieu et de temps).

Or ces pratiques, écriture et lecture, conditionnent, tant les facultés de concentration et de mémorisation, que celles de compréhension et de réflexion, ainsi donc que d’argumentation, et donc de socialisation et de création. Tout notre savoir être au monde.

Les livres papier ne disparaitront pas…

Les livres papier ne disparaitront pas pour deux raisons.

La première est la pléthorique surproduction d’ouvrages imprimés de toutes sortes depuis 1450 jusqu’à nos jours et ce pour encore quelques années (combien ?). Fort heureusement, il nous reste encore aujourd’hui nombre d’incunables (imprimés du 15e siècle) et des ouvrages antérieurs, manuscrits sur codex et sur rouleaux notamment. Seulement avec ce que la France continue à produire par an d’exemplaires papiers, il faudrait bien un millénaire avant que les livres, si cela était possible, disparaissent de la surface de la Terre. Et encore faudrait-il y mettre une volonté acharnée et mauvaise, ce que nul ne pourrait souhaiter.

La seconde est qu’aujourd’hui, la probabilité de voir se multiplier avec succès (pour combien de temps ?) des services d’impression à la demande (POD) et de livres à la carte et/ou autoédités, avec un tirage minimum en impression numérique, apparaît de plus en plus élevée. Raisonnablement, il ne faut pas non plus exclure la pérennité d’une production papier pour les livres d’art et d’artistes, des exemplaires en tirages limités pour bibliophiles, etc.

Mais ne nous y trompons pas : les courbes des ventes de livres papier et d’e-books finiront par se croiser et s’inverser à court terme (quand ? avant ou après 2015 ?), et ce jour-là, la production basculera de l’imprimé au numérique.

Il faut garder présent à l’esprit le fait que les parts de marché de l’imprimé sont de toutes façons déjà minoritaires dans l’ensemble des grands groupes financiers internationaux, qui contrôlent depuis plusieurs décennies les trois quarts des marques éditoriales et investissent en masse dans les (nouveaux) médias (ce d’autant plus que les marges bénéficiaires sur les livres sont minimes).

Le déclin de la culture de l’imprimé

Aussi, à moins d’être inconscient ou tenue en joue par des intérêts financiers corporatistes, il nous faut bien dorénavant concevoir la disparition à brève échéance (une décennie ? deux ?), la disparition de l’écriture manuscrite (ce dont le micro-blogging n’est qu’un symptôme parmi beaucoup d’autres) et de la culture de l’imprimé, lesquelles, écriture manuscrite et culture de l’imprimé, induisent toutes deux une lecture linéaire, et maintiennent la pensée, limite le champ et la portée de notre réflexion, dans les sillons de leurs tracés horizontaux.

L’évolution n’est pas tant technologique que cognitive, voire, civilisationnelle. Elle relève d’une conversion d’une perception analogique à une vision panoptique. Elle remet en jeu, dans un vaste processus d’acculturation, les rôles conjugués de la mémoire, de la transmission de la connaissance, de la nature et du statut des savoirs.

Vers une bibliosphère en rhizome

Les mutations à la confluence desquelles se retrouve aujourd’hui le livre imprimé, se traduisent sur le terrain dans une reconfiguration de la traditionnelle chaîne du livre linéaire en une architecture réticulaire ; la transmutation d’un marché du livre, structuré avec la révolution industrielle, vers un écosystème, au sein duquel des partenariats et des échanges économiques se nouent et se dénouent au coup par coup (éditoriaux), ce qui, comme première urgence, rend indispensable une réforme de la librairie, dès lors qu’il s’avère que nous entrons dans une nouvelle logique de consommation, des biens culturels en général et du livre en particulier.

Le Web 2.0 va rapidement se révéler soluble dans le Web sémantique et dans son interface visuelle tactile en 3D. La frontière entre réel et, entre guillemets, “virtuel”, va s’estomper progressivement, puis, un jour, s’effacer. Une couche d’information augmentera alors ce que nous qualifions aujourd’hui de “réalité” et qui méritera dès lors les mêmes guillemets.

Dans les villes riches, réalité augmentée, géolocalisation, Internet embarqué et objets communicants permettront de vivre accouplé à une infosphère, dont la bibliosphère sera l’un des nombreux satellites.

Ce que sont aujourd’hui les commerces, les librairies, les bibliothèques et les autres services publics, seront dédoublés sur ce Web en temps réel, et, pour ce qui nous intéresse ici, de nouvelles relations clients/lecteurs – auteurs/éditeurs – libraires/bibliothécaires se développeront sur de nouvelles formes de sociabilité, dont nous commençons tout juste à avoir une idée avec des réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter.

Phèdre deviendra peut-être un prénom à la mode.

Voilà. J’ai écrit ce texte assis sur le canapé et l’ordinateur éteint. Et du coup, maintenant, je vais devoir aller le taper !


Lorenzo Soccavo a déjà donné une entrevue sur le blogue BiblioFusion, Le futur se livre: Gutenberg à l’heure du Web, et y collabore maintenant à titre d’auteur invité.


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Les enjeux du manuel scolaire à l’ère du numérique

Un excellent dossier aborde la question du manuel numérique. Celui-ci est examiné en profondeur sous l’angle des enjeux éditoriaux, technologiques et pédagogiques en donnant la parole à une panoplie d’acteurs de l’édition, du système scolaire et du Ministère de l’éducation nationale en France.manuel_electronique

On y constate qu’avec l’édition numérique des manuel, il faut redéfinir le manuel du futur, comprendre la nouvelle forme qu’il prendra sous l’influence des pratiques inventées par des auteurs en mode collaboratifs. Bref, on y interroge le concept même de manuel scolaire à l’heure du grand Collaboratif.

Et si le manuel se redéfinit, la pédagogie se repositionne: des expérimentations visent à stimuler les usages pédagogiques innovants qu’il ne manque pas d’introduire. C’est donc une nouvelle dynamique qui se crée au niveau des enseignants pour améliorer collaborativement la qualité de l’enseignement.

À lire sur le site du Centre national de documentation pédagogique.

D’autres billets:
Le futur se livre: Gutenberg à l’heure du Web
L’université du futur et le libre accès
L’université numérique et le nouvel univers de la documentation
Les universités face à la fracture numérique
Le Kindle sur le campus, un nouveau jouet ou de nouveaux enjeux ?
Déclinaison du futur (éducation)

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L’université numérique et le nouvel univers de la documentation

Un Guide méthodologique de l’université numérique a été développé en France par la Caisse des Dépôts et la Conférence des président d’université, celui-ci propose de mieux comprendre les enjeux du numérique et les conditions d’une stratégie adaptée aux universités françaises. Le cadre d’analyse me semble assez large pour fournir des éléments de réflexions et des pistes d’actions génériques.

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Le document traite des enjeux du numérique pour les universités, mais aussi des stratégies à mettre en place. Le rôle des bibliothèques (Centre communs de documentation) y est largement mis en valeur, je vous cite certains des passages les plus intéressants.

N’hésitez pas à consulter le document intégralement!

Via Educnet


Enjeux du numérique pour l’université

Le numérique doit avant tout servir les deux objectifs traditionnels de l’université que sont la transmission du savoir et le développement de la recherche. Il constitue un levier à disposition des universités pour répondre à un certain nombre d’enjeux transversaux :

• Maîtriser la chaîne numérique du savoir, en favorisant la génération de contenus numériques, en organisant et industrialisant la gestion de la connaissance, en définissant la politique de diffusion et en valorisant le patrimoine intellectuel,

• Satisfaire ses usagers et ses acteurs, en s’attachant à répondre aux objectifs, missions et besoins des étudiants, des enseignants, enseignants-chercheurs et chercheurs, des personnels de Bibliothèques, Ingénieurs, Administratifs, Techniciens, Ouvriers, de Service et de Santé (BIATOSS) et de la direction de l’université,

• Construire une image de marque forte, en gagnant en visibilité internationale et en conservant son attractivité régionale,

• Rechercher l’excellence opérationnelle et l’équilibre financier, en se positionnant en termes d’indépendance, de collaboration, de subsidiarité ou d’externalisation de la gestion du numérique afin de maîtriser les coûts, d’optimiser la recherche de financements externes ou de développer les opportunités de génération de revenus.

• Remplir ses rôles social et sociétal, en réduisant la fracture numérique, en favorisant l’équité sociale, en contribuant et promouvant le développement durable.

Quels enjeux pour les personnels de documentation ?

Les enjeux vis-à-vis du numérique des personnels de bibliothèque portent à la fois sur l’optimisation de la gestion des ressources documentaires (par exemple des achats et des prêts de ressources documentaires), le passage en numérique des ressources (numérisation, indexation, archivage, stockage, publication…), et l’accès aux ressources.

Enfin, le plan numérique 2012, annoncé en octobre 2008, veut quant à lui répondre aux défis et aux opportunités du numérique pour la société française. Il symbolise la volonté politique de se doter d’une approche d’ensemble du numérique. Lorsqu’il aborde le numérique à l’université, il propose 6 actions pour « Bâtir l’université numérique » :

1. Développer les services numériques pour tous les étudiants, enseignants-chercheurs et personnels des universités (dont par exemple le vote électronique pour les élections étudiantes),

2. 100% des documents pédagogiques numérisés pour 100% des étudiants,

3. Accompagner les enseignants-chercheurs pour l’intégration des TICE dans leurs pratiques pédagogiques,

4. Construire une bibliothèque scientifique numérique accessible à tous les usagers de l’enseignement supérieur et de la recherche,

5. Inciter au développement des formations à distance qui seront, à l’horizon 2012, accessibles sur Internet,

6. Développer une offre universitaire pour l’enseignement à distance en ligne, notamment pour les salariés en activité.

Les Services Communs de Documentation doivent à la fois se repositionner sur le développement des services aux usagers, s’inscrire résolument dans le projet d’établissement dans ses différents volets, ainsi que participer au mouvement général de mutualisation.

Les SCD sont tout particulièrement au coeur des problématiques numériques, en étant à la fois :

• En charge du Système d’Information documentaire de l’établissement, destiné à s’intégrer au SI global, et s’adressant à tous les usagers de l’Université notamment à travers l’ENT.

• Impactés par la numérisation des documents, dont ils peuvent avoir la charge ou bien sur laquelle ils peuvent apporter leur expertise en termes de collecte, de numérisation, d’indexation et d’archivage.

• Au coeur de la métamorphose des systèmes de référencement et d’indexation, dont l’interopérabilité avec l’environnement local, national et international devient un impératif. En effet, le référencement en réseau (en France piloté par l’Agence Bibliographique de l’Enseignement Supérieur, ABES) permet à la fois une meilleure qualité de métadonnées et une visibilité accrue sur internet (par exemple via Google Scholar, Worldcat).

En outre, le développement des technologies numériques fait évoluer le travail des SCD dans cinq directions :

• Conception et mise en oeuvre de plans de numérisation de ressources non nativement numériques (archives, manuscrits, ouvrages imprimés, revues…), dans des cadres locaux ou nationaux.

• Indexation et diffusion, à des fins de valorisation, de documents nativement numériques comme, par exemple, les thèses déposées dans STAR, certaines ressources pédagogiques, les publications scientifiques… Cette activité requiert le plus souvent une remise à plat de la chaîne documentaire universitaire.

• Optimisation du circuit du document, avec recherche d’économies d’échelle. Par exemple, la centralisation de certaines activités (catalogage, traitement physique, indexation…) peut être envisagée au niveau des PRES.

• Inscription plus affirmée des SCD dans les politiques de recherche, de formation et d’insertion professionnelle des universités, au moyen de collaborations plus étroites avec les services compétents. 33

• Passage au support numérique d’un nombre grandissant de périodiques et bases de données essentiels pour la recherche, dans le cadre d’une concentration aux mains de quelques éditeurs (cf. sur ce point le rapport du comité IST8).

Le SCD est appelé, dans le cadre de l’autonomie, à renforcer son rôle « d’agence de services documentaires » au profit de la communauté universitaire dans son ensemble. D’autre part, la BU étant souvent le service bénéficiant des horaires d’ouverture les plus larges, cette caractéristique peut également déboucher sur des mutualisations. Enfin, le SCD peut de façon pertinente être associé à toute réflexion portant sur la mise en oeuvre d’un « guichet numérique unique », dont la complémentarité avec les services de référence en ligne est évidente. Au total, les services rendus par le SCD doivent s’inscrire dans la continuité de l’offre de services de l’université, sur place et en ligne.

Aussi, la prise en compte des contraintes et de la valeur ajoutée des bibliothèques dans la politique numérique de chaque établissement est essentielle. La révolution numérique conduit à une véritable mutation de leur métier, avec l’extension de leur périmètre d’intervention, l’apparition de rôles jusqu’ici inconnus, la nécessité d’acquérir des pans entiers de compétences nouvelles… L’Université doit accompagner les personnels des Services Communs de Documentation dans cette évolution, tout en expliquant aux usagers des bibliothèques les avantages d’une telle réorientation.

Repenser son organisation numérique ?

Services TICE, TIC et Bibliothèques

Parallèlement à la mise en oeuvre de projets numériques par des équipes mutualisées (cf. modèle ci-dessus) ou externes (par recours à des prestataires ou à des équipes de structures de mutualisation extérieures aux établissements, comme par exemple l’AMUE), le numérique fait généralement appel à différents types de services au sein de chaque établissement :

• Les services TIC, composés principalement de profils dits « techniques », généralement en charge des équipements et infrastructures (notamment réseaux et équipements, par exemple le parc informatique) et des systèmes d’information de gestion (SIG), historiquement mise en oeuvre au sein d’un service informatique, généralement intitulé CRI (Centre de Ressources Informatiques). Leur périmètre d’action s’est élargi au fil du temps avec notamment la gestion de l’informatique pédagogique ou le développement de réseaux sans fil.

• Les services TICE (technologies de l’information et de la communication pour l’éducation), plus récemment constitués et composés de profils diversifiés : ingénieurs pédagogiques, techniciens multimédias, enseignants, etc. en appui de responsables des projets de services, des équipes pédagogiques et de contenus numériques pour l’enseignement et la pédagogie.

• Les services de documentation, en charge notamment de la politique de ressources documentaire et de sa mise en oeuvre auprès des acteurs de l’université, composé de profils fonctionnels et techniques.

Le découpage des compétences peut également se faire non sur une opposition applications socle & SI / services & contenus pour l’enseignement et la pédagogie / accès documentaire pour les bibliothèques, qui peut générer des conflits, mais sur une frontière administrateur / utilisateur. Les services TICE et les bibliothèques sont dans ce cas centrés sur la conduite du changement, l’accompagnement à l’utilisation des services numériques et sur la diffusion des usages (l’université de Strasbourg a d’ailleurs nommé cette entité Direction des Usages Numériques).

Dans tous les cas, ces trois services ont vocation à travailler ensemble, dans la mesure où il y existe souvent un besoin d’interactions et des possibilités de mutualisation entre les services d’un point de vue technique (infrastructures, équipements, outils, etc.) et fonctionnel (accompagnement des étudiants, partage d’informations, etc.).

Les objectifs et missions ainsi que le dimensionnement de chacun de ces services pourront être définis en fonction des objectifs spécifiques des universités. Afin de leur assurer un fonctionnement efficace, des processus de fonctionnement pourront être construits et déployés et des outils de pilotage et de suivi pourront être mis en oeuvre.


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