Les universités face à la fracture numérique

Nous devons prendre exemple sur les britanniques qui abordent la question des nouvelles technologies de manière pragmatique et réaliste : ils veulent que leurs universités évitent la fracture numérique ou encore que les étudiants et le personnel ne soient déphasés ! « HE in a Web 2.0 World », publié récemment par le Higher Education Academy et le JISC, examine les tendances dans l’utilisation de la technologie dans l’enseignement supérieur pour identifier leurs impacts sur l’apprentissage. Ce simple constat est déjà crucial : il n’y a pas d’un côté le Web, vu comme un terrain de jeux, et de l’autre l’enseignement. Ils considèrent la nouvelle donne globale telle que redéfinie par les réseaux sociaux: Facebook, blogues, YouTube et consort ne peuvent plus être négligés.

Ils veulent se mettre en phase avec les nouvelles pratiques des jeunes et soulignent que le simple fait de suivre le rythme se pose en défi ! Leur solution est simple : ils veulent que le personnel utilise ces mêmes technologies pour adapter l’expérience d’apprentissage proposée aux étudiants. La situation est la même qu’au Québec, surtout initié par quelques individus passionnés des réseaux sociaux, le courant se rend progressivement vers le haut et doit maintenant s’intégrer à une stratégie globale.

Et pour arriver à négocier le virage, ils proposent de soutenir plus largement le personnel des collèges et des universités dans leur utilisation des technologies Web 2.0. La formation du personnel est donc à l’agenda. Ça me semble effectivement la première étape à laquelle nous devons travailler rapidement au Québec (et dans la francophonie il me semble) pour éviter que l’écart ne se creuse encore plus entre la sphère anglophone et francophone, mais pire encore entre les universités et les jeunes !

L’aphabétisation informationnelle (information literacy) et numérique est clairement identifiée comme étant un champ d’intervention prioritaire. Les bibliothécaires sont donc directement interpelés et concernés!

J’ai fait une traduction libre de quelques passages de leur communiqué pour démontrer que leur stratégie est appuyée au plus haut niveau.

Selon David Sadler, directeur des technologique à l’Académie, « L’Académie mène un important travail pour améliorer l’expérience d’apprentissage des étudiants grâce à l’utilisation du Web 2.0, et nous travaillons en étroite collaboration avec les institutions et les membres du personnel pour identifier et partager les pratiques les plus efficaces dans son utilisation. »

Pour le Dr Malcolm Read, secrétaire exécutif du JISC, « Ce rapport met en évidence ce qui doit être fait pour maintenir la position du Royaume-Uni à l’avant-garde de l’enseignement supérieur. Le JISC continuera à fournir une infrastructure de classe mondiale pour soutenir l’utilisation des technologies Web 2.0 en donnant accès à plus de 18 millions de personnes à travers l’éducation pour garantir les ressources en ligne.

« Nous allons également renforcer notre travail en donnant la formation, de conseil et d’orientation sur la façon dont les apprenants et les universitaires peuvent re-utiliser et re-conditionner des contenus en ligne librement tout en respectant et en reconnaissant les droits de propriété intellectuelle – qui permettra de développer l’économie du savoir et du numérique.  »

Le Devoir parlait récemment de la fracture numérique pour nous signifier que « En cinq ans, le Canada est passé du 9e au… 19e rang mondial en matière de technologies de l’information et des communications. Une menace pour le développement du pays. » Michelle Blanc explique aussi pourquoi les entreprises sont en retard au Québec… Je pense que les universités doivent s’activer pour contribuer au changement!

Mon espoir est que la participation au colloque Génération C du Cefrio soit massive et que les participants représentent toutes les réalités de nos université et Cegeps… Le Cefrio nous demande si nous sommes prêts, mais je lis plutôt préparons nous!

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6 Réponses to “Les universités face à la fracture numérique”

  1. mariedmartel Says:

    Très intéressant. Je pense que ces conclusions s’appliquent aussi, d’une façon générale, à l’égard de la société civile et des bibliothèques publiques. Le rôle que les bibliothèques publiques peuvent jouer au niveau de l’alphabétisation technologique est encore largement sous-estimé. Et pourtant, c’est un positionnement stratégique.
    Cette situation découle du fait que le personnel en bibliothèque nécessite lui-même une mise à niveau technologique. Il faut d’abord se former avant de pouvoir former les autres.
    Mais il faut aussi dès maintenant prévoir les aménagements des bibliothèques en fonction de cette offre de service.

  2. Marie Hélène Labory Says:

    Oui! Oui-oui-oui-oui-oui!

    Merci pour ce texte qui résume aussi bien ma pensée! Je sens que c’est un billet que je vais diffuser…😉

    Je crois que cette analyse de la situation est aussi applicable au système scolaire en général qu’aux universités, d’ailleurs.

    D’une certaine façon, ça rejoint l’analyse de Michael Carpentier publiée ici et dont les conclusions peuvent s’appliquer à beaucoup plus qu’à des partis politiques:

    La campagne d’Obama et l’utilisation du Web par les partis politiques du Québec
    http://www.michaelcarpentier.com/index.php/2008/la-campagne-dobama-et-lutilisation-du-web-par-les-partis-politiques-du-quebec/
    (billet découvert via http://www.michelleblanc.com/)

    Pour reprendre l’expression de notre consoeur Sylvie G, il faut être là où notre clientèle se trouve!🙂

  3. dalbin Says:

    Un exemple de freins existant en université qui entérine des pratiques qui ne vont pas dans le sens que vous évoquez : http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2009/05/22/Pourquoi-un-livre. Dalb

  4. JM Salaun Says:

    Pour répondre à Sylvie (Dalb) : je crois qu’elle fait là un mauvais procès d’intention lapidaire. Il suffira de lire le livre pour s’en persuader😉.

    Il ne faut pas tomber dans une technophilie béate et aveugle, et, bien au contraire, utiliser à bon escient les différents supports, rien de contraire à ce qui est écrit dans le billet ci-dessus. On tire contre son propre camp à ne pas accepter les évidences.

    Quand on dit que je suis un frein à l’implantation du numérique dans mon université, cela me fait sourire.

    Sans rancune..

  5. PLC - Bibliofusion Says:

    Merci de ces rencontres et échanges sur ce blogue!

    @Marie Hélène Merci de ton enthousiasme communicatif!

    @JM Salaun @Dalb
    Je ne suis pas certain de savoir à quel camp vous faites référence M Salaun. Je nous vois tous ici dans le même camp, celui qui contribue à la mutation des bibliothèques, et intéressés à parler de nos stratégies qui peuvent assurément varier en fonction de nos interprétations et de nos « lectures » du futur.

    Peut-être pourrait-on continuer la discussion sur les plans d’actions et initiatives au Québec ou en France contribuant à éviter cette fracture numérique ? Il serait intéressant de se préparer avant Génération C, histoire d’y avoir une présence la plus significative possible.


Les commentaires sont fermés.

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