Le Kindle sur le campus, un nouveau jouet ou de nouveaux enjeux ?

Les étudiants (300) de six universités américaines, incluant Case Western, Pace, et Princeton seront partenaires d’Amazon et de son réseau d’éditeurs pour expérimenter l’utilisation du Kindle l’automne prochain.

L’arrivée des tablettes de lecture sur le campus se précise, un nouveau réseau de distribution se met en place! Et pour Amazon, il s’agit d’un nouveau marché à exploiter…

Amazon could also use a new device to pursue a slice of the high-volume business of college book sales, valued by the National Assn. of College Stores (NACS) at $5.4 billion in the 2007-08 fiscal year. Amazon’s technological possibilities are legion. The Kindle could carry science textbooks that update according to new discoveries, as well as classics that feature Internet links to historical notes and literary criticism.

BusinessWeek

C’est assurément intéressant pour l’accès à l’édition numérique, mais plusieurs enjeux sont à souligner. Quel sera l’impact de ce nouveau support sur les couts des manuels scolaires ? Quels éditeurs proposeront des livres en français ? Quels seront les accès à ces manuels via la bibliothèque ? Comment le mouvement du « libre » réussira à se positionner dans la nouvelle chaine d’édition et de diffusion ? Et en corolaire, lorsque l’on considère la question des DRM (Digital Right Management) un nouveau monopole de l’édition se met-il en place ?

Lorsque l’on connait le budget que les étudiants consacrent aux manuels, c’est aussi la question de l’accès à l’éducation qui est en soulevée!

Une analyse en profondeur sur cette question est souhaitable, pouvons nous l’insérer dans les débats des prochaines semaines ? Peut-être lors du colloque Génération C et du premier congrès des milieux documentaires du Québec? Et certainement dans la BiblioBlogosphère francophone! Le « jouet » peut nous réserver des surprises

Via Actualitté, Mediamemo, Wall Street Journal et BusinessWeek.

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8 Réponses to “Le Kindle sur le campus, un nouveau jouet ou de nouveaux enjeux ?”

  1. dbourrion Says:

    Quelques remarques au débotté :
    – Je suis assez pessimiste sur les capacités du secteur non-marchand (ou au moins, moins explicitement marchand qu’Amazon) à se positionner sur ce créneau, mais en même temps, les verrous et les modèles verticaux finissent souvent par sauter
    – la question de la place de la bibliothèque dans cette nouvelle chaîne est centrale. Mais j’ai l’horrible sentiment que, dans les bibliothèques, au moins en France, l’on s’en préoccupe peu
    – je suis mal luné ce matin, ce qui explique ce qui précède😉

    Un peu d’espoir : un jour prochain, des livrels seront achetés en masse par les universités, hors modèles verticaux ; et sur ces livrels seront diffusés gratuitement les productions des enseignants. Ok, j’arrête de rêver ;-(

    • PLC - Bibliofusion Says:

      C’est bien pour un pessimiste de rêver, mais il faut bouger avant de se faire river! Et voir que le « jouet » est peut-être pas si innocent qu’il ne semble…

  2. Lorenzo Soccavo Says:

    Intéressant billet au titre lourd de sens. Ce pourrait en effet n’être qu’un « jouet marketing », mais, les enjeux sont, en effet, considérables.
    Les questions que vous listez sont toutes essentielles…
    Concernant spécifiquement ce test grandeur nature d’Amazon : le Kindle est-il suffisamment attractif et performant pour séduire des étudiants ? Tout est là. La majorité doit être native du numérique et équipée de portables (NetBook et Cie…), le modèle fermé proposé par Amazon risque aussi de ne pas trop leur plaire…
    Le plus des dispositifs de lecture e-paper comme le Kindle est principalement, voire uniquement, la technologie d’affichage e-ink (encre électronique) qui reproduit les caractéristiques de l’encre sur le papier (aucun rétroéclairage), mais rien ne dit que, pour les jeunes générations, le rétroéclairage soit inconciliable avec la lecture (voir iPhone…). Les pratiques de lecture ayant changé (moins de lecture approfondie en continu, et plus de lecture zapping hypertexte…).
    Les DRM sont couteux, peu efficaces et contre productifs. Nombre d’étudiants peuvent bidouiller pour les contourner. Un système de marquage des fichiers est plus pertinent et responsabilisant pour les lecteurs à mon avis…
    Je mets personnellement pas mal d’espoirs dans un modèle ouvert contributif, avec les productions des enseignants…
    Ce qui m’inquiète aujourd’hui le plus est le retard que prend la zone francophone, tant au niveau des contenus que de l’innovation technologique😦

  3. Félix Says:

    Dans un secteur comme le mien, les TI, les livres deviennent désuets tellement vite qu’un investissement dans les livres électroniques peut valoir la peine. Cependant, je me demande si le Kindle n’est pas un autre iP(od\hone) qui ne permettra que les formats « compatibles »… Donc, risque de créer un monopole d’Amazon, c’est-à-dire l’obligation d’acheter tous ses livres chez Amazon.com… Suis-je dans les patates?

    • PLC - Bibliofusion Says:

      La tablette de lecture représente pour l’imprimé l’équivalent du centre d’achat pour le commerce. En étant propriétaire d’un support et des règles d’utilisation de celui-ci, une entreprise peut conditionner l’expérience de lecture (et la lecture) autant que le centre d’achat conditionne nos achats. Et il faut parler à des commerçants indépendants pour savoir comment il est difficile (souvent impossible) d’y louer un local même si le loyer ne pose pas de problème.

  4. Google devient libraire « BiblioFusion – Mettre en Fusion les passions de la “Communauté bibliothèque” Says:

    […] avec une approche plus ouverte. Il n’y aura pas le contrôle qu’exerce Amazon avec son Kindle, soumis à un Digital Right Management restrictif (DRM). Une série de partenariats avec des […]

  5. Jean-Marie Riopel Says:

    Nous pensons faire un essais ciblé avec quelques exemplaires mais, comme beaucoup, je me pose toutes les questions et en premier qu’elles seront les possibilités de prêt et comment ne pas tenir compte des E_Books gratuits dans notre offre. La loi 51 qui nous oblige à acheter local n’est-elle pas « defacto » désuète avec la possibilité d’acquérir sur le net. Les lois sur le droit d’auteur se retrouvent où dans ce cas …


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