La BiblioMonnaie du futur, proposition pour une nouvelle politique de prêt

Notre communauté ne mérite par la répression! Le mot est fort, mais les amendes demandées pour les retours en retard ne représentent rien de positif, sauf un revenu qui est par ailleurs « anti marketing ».

Voici donc une proposition pour établir une ré-ingénierie de ce système archaïque qui n’évoque que des souvenir négatifs dans mon expérience d’usager.

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En tant que membre d’une « communauté bibliothèque » et adulte, je voudrais avoir une bibliothèque m’offrant un crédit annuel de BiblioMonnaie que je pourrais échanger en produits ou services à la fin de l’année. Peut-être que je pourrais acquérir un livre élagué par la bibliothèque pour ma propre bibliothèque ou encore obtenir une carte permettant un certain nombre de photocopies gratuites ?

Je comprendrais que ce crédit soit diminué à l’occasion d’un retard, mais peut-être que je pourrais en acquérir de nouveaux avec la reconnaissance de ma contribution pour la sélection hebdomadaire publiée sous forme de chronique littéraire par la bibliothèque?

J’aurais un sentiment d’appartenance accru par mon formidable crédit de BiblioMonnaie et celui-ci reflète ma contribution à la communauté!

Mon comportement de bon membre de cette communauté sera récompensé plutôt que de voir mon comportement « déviant » seulement puni par une amende dissuadant seulement de retourner emprunter des livres et d’utiliser la richesse de ressources offerte par la bibliothèque.

Est-il possible que les bibliothèques s’inscrivent dans le mouvement des entreprises numériques avec cette approche et est-il possible qu’elles établissent une nouvelle politique de prêt sur cette base ?

PS Merci à Michel, un sympathique collègue, pour son écoute de la première ébauche de cette proposition lors d’une discussion informelle pendant une pause …

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Publié dans marketing. 10 Comments »

10 Réponses to “La BiblioMonnaie du futur, proposition pour une nouvelle politique de prêt”

  1. Bibliobsession Says:

    J’aime bien l’idée🙂

  2. Marie H Says:

    Bonjour! L’an dernier, une de mes collègues avait relevé une plainte «intéressante» publiée dans le journal étudiant de l’UQO. L’étudiant qui en était l’auteur suggérait des alternatives aux amendes pour «punir» les retards. Un exemple: amnistier une amende à la suite d’un certain nombre d’heures de bénévolat à la bibliothèque. J’ai conservé l’article, je compte bien m’en servir un jour ou l’autre car je trouve moi aussi qu’il y aurait lieu de revoir nos façons de faire à ce sujet!

    • claire Says:

      Je trouve ton idée intéressante aussi. Plus positive! Mais ce qui me fait hurler… ce ne sont pas les amendes impayés. Ce sont les livres non remis…

      • PLC - Bibliofusion Says:

        Effectivement Claire, c’est une autre dynamique lorsque l’on aborde les livres non remis. Encore plus déplorable si c’est un geste conscient, comme pour les livres vandalisés… C’est comme de fumer dans un bus du RTC… Faut être gentil, mais il y a des limites!

  3. Lucie B Says:

    Nous sommes encore bien loin de cette approche basée sur une participation citoyenne mais l’idée est fort plaisante et pousse à la réflexion.

    • PLC - Bibliofusion Says:

      C’est pas pour demain effectivement, mais une bibliothèque pourrait l’intégrer dans un plan d’action à plus long terme. Faut voir venir… Et le coup marketing serait sûrement bien marqué!

  4. Line T. Says:

    Super intéressant!
    Bravo pour l’idée!
    C’est sûr que cela ne passera pas demain dans le milieu du travail, mais il faut commencer à en parler pour que l’idée fasse son chemin…

  5. Jean-François Says:

    Pour moi, cette idée rejoint un peu ce qui m’énerve avec l’approche client dans nos bibliothèques : une certaine déresponsabilisation des usagers (qui dès lors qu’ils sont considérés comme des « clients » n’ont plus d’obligation). My two cents…

    Par ailleurs, idée semblable, mais plus spécifique à un groupe d’âge : j’ai trouvé, en furetant sur des sites Web de bibliothèques pour ados, un programme de la London Public Library appelé « Read Away Your Fines » qui consiste, littéralement, à lire ses amendes (1 dollars = 1 heure de lecture) J’en ai parlé à mes patrons et je compte bien mettre le programme en place dans le cadre de la semaine des BPQ d’octobre prochain.

    voir : http://www.londonpubliclibrary.ca/teens/

    • PLC - Bibliofusion Says:

      Un grand merci pour l’initiative de Londre… Oui c’est très semblable, tout à fait dans la bonne direction et ça contribue à la dynamique que j’aimerais voir se mettre en place. Je voudrais simplement aller plus loin, il me semble que l’on a plus de force si on instaure une approche qui valorise la lecture et la participation de manière systématique.

      Je n’aime pas non plus la déresponsabilisation, je ne cherche pas à être « le gentil » bibliothécaire qui ne cherche pas la chicoine… Et au contraire, dans certains cas, c’est l’amende qui facilite la déresponsabilisation: je ne rapporte pas un livre et je ne paye que quelques sous. Pour les friqués…

      Pour les autres effectivement cette initiative pourrait ressembler à une déresponsabilisation, mais je la vois plutôt comme une approche centrée sur la motivation et le jeu: avoir un crédit et le perdre si on est négligeant. Et devoir payer si on tombe sous la barre de ce crédit, le jeu devient moins drôle, on perds de l’énergie. Et pouvoir faire remonter notre solde si on participe. En fait ce crédit semble affreux, mais c’est pourtant très semblable au niveau de tolérance accepté dans les politiques de prêts avant que le prêt ne soit interdit.

      Bref, c’est de jouer nos cartes différemment. Par ailleurs, j’ai élaboré l’idée rapidement et plusieurs volets restent nébuleux… Merci de contribuer à clarifier ce que pourrait être la « Bibliomonnaie ».


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