Numérisation sur demande à la Bibliothèque de l’Université McGill

La Bibliothèque de l’Université McGill annonce un coup double dans le cadre du Congrès de la Canadian Library Association! Premièrement en offrant un programme de numérisation de livres du domaine public qui ouvre un accès à une littérature souvent difficile à trouver. Deuxièmement en confiant aux usagers le développement de la collection, ce sont en effet les demandes de ceux-ci qui sont au cœur du service.

Janine Schmidt, directrice de la Bibliothèque, mentionne que « C’est un moment passionnant pour la Bibliothèque, nous entamons une nouvelle ère de services. Avec cette technologie novatrice, nous pouvons valoriser nos collections avec un service de numérisation et distribution centré sur l’utilisateur ». La Bibliothèque de l’Université McGill est la première à utiliser ce service au Canada.

Le service est offert grâce à un partenariat avec Kirtas Technologies, une entreprise qui a développé un robot numériseur qui tourne les pages automatiquement et qui distribue ceux-ci de manière non exclusive sur KirtasBooks.com. Les fichiers seront ainsi accessibles à tous via le catalogue de la bibliothèque de l’Université McGill. Une douzaine de bibliothèques publiques et universitaires dans le monde utilisent déjà ce services. Kirtas Technologie, avec son service Bookscan, est l’alternative à « Google Print Publisher Program ».

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Library Dollars, rethinking the loan policy and fines

Our community should not have to face oppression! Oppression is a strong word, but there is nothing positive about the fines requested for late documents; rather they represent only an “anti-marketing” revenue opportunity.
I am presenting, therefore, a proposal for an overhaul of this archaic system which evokes only negative memories of my experiences as a library user.

As a member of the “library community” and an adult, I would like to see a library offer me an annual credit of “Library Dollars” that I could exchange for products and services at the end of the year. Perhaps I could acquire a book that the library weeded from its collections and that I could add to my personal library, or I could obtain a card allowing for a certain number of free photocopies?

I would understand if this credit were diminished in the event that I returned a document after the due date, but perhaps I could acquire new credit taking into account my contribution to weekly selection in the form of a literary chronicle published by the library?

This would allow me a feeling of belonging owing to my formidable « Library Dollars » credit, and would reflect my contribution to the community!
My behaviour as a member of this community would be rewarded rather than my deviant behaviour being punished with a fine that only discourages patrons from returning to borrow new books and benefiting from the rich resources offered by the library.

Could it be possible, in applying this approach, that libraries join the digital businesses movement, and could it also be possible that they establish new loan policies on this basis?


I’ll post in english times to times (If I can get help for translation 🙂

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Regard croisé : musées et bibliothèques

Un échange sur la bibliothèque du futur avec mes collègues de l’Université Laval m’a mis sur une piste: enrichir nos pratiques en bibliothèques grâce à un regard vers l’animation, la mise en valeur des collections et l’utilisation du Web social qui se fait dans les musées. Un regard croisé muséologie et bibliothéconomie est bibliofusionnel par excellence, voici donc un premier et rapide survol pour cerner le territoire des musées sur le Web.

Musée McCord
J’ai commencé par une visite du site Web du Musée McCord ou j’ai travaillé sur un projet de base de données pendant quelques mois en 1996. Le site positionne dès l’accueil les incontournables outils sociaux pour la photographie et la vidéo: Flickr et YouTube. Ça augure bien! Plus encore, l’onglet « Mon McCord » permet la personnalisation:

« Vous pouvez y regrouper vos images préférées de la collection, les commenter, les annoter, les « tagger » et même les comparer à vos images personnelles! Pour profiter de toutes ces fonctionnalités, vous devez avoir un compte « Mon McCord ». »

La notion de Musées 2.0 s’incarne donc franchement dans ce musée d’avant-garde qui avait déjà un site au début de la création du Web. C’est encourageant et je continue donc l’exploration pour identifier comment les musées discutent du Web collaboratif.

La présentation du Webmestre Samuel Bausson permet de découvrir comment le Muséum de Toulouse part à la rencontre des visiteurs en ligne. Son blogue professionnel, mixeum, propose de passer de la conservation à la conversation et son Univers Netvibes permet d’identifier de nouvelles ressources. Le blogue du musée complète le tableau. L’approche, la synergie et le partage de M. Bausson sont remarquables!

Le web social et les musées, une présentation conçue par Ana-Laura Baz pour les employés du Musée de la civilisation de Québec, donne un tour d’horizon de l’utilisation du Web social par les musées des différents coins de la planète, impressionnant.

L’innovation est en ébullition : par exemple des expositions collaboratives sont prototypées en trois dimensions dans Second Life par le Tech Virtual Museum Workshop.

Est-il possible d’enrichir nos pratiques en puisant dans les approches des musées? Un rapprochement des professionnels de la muséologie et de la bibliothéconomie intéressés par le Web collaboratif serait sûrement fructueux.

Note: J’ai créé une nouvelle catégorie pour regrouper certains de mes billets: bibliofusionnel.

MAJ, 2 juin:
Buzzeum, Les musées font leur Buzz

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Le futur se livre: Gutenberg à l’heure du Web

Le Web change déjà le livre et à l’heure des réseaux sociaux il est possible de côtoyer un auteur comme Lorenzo Soccavo (Gutenberg 2.0, le Futur du livre) et de l’interviewer!

Il développe ici sa pensée en sept questions pour nous entrebâiller la porte du futur en ce qui concerne le livre, l’édition, la lecture et la bibliothèque. Un voyage passionnant s’annonce et je lui laisse la parole.

[PLC]- Quelles sont à votre avis les forces fondamentales qui influencent le futur du livre ?

[LS] Le livre est aujourd’hui à la confluence de quatre mutations : celle des dispositifs de lecture, celle des pratiques de lecture, celle du marché du livre, et enfin, peut-être également celle de la langue, comme véhicule d’une pensée collective, et d’un imaginaire lié à une histoire, à une culture.

Nous pourrions dire que les forces fondamentales que vous évoquez sont en fait celles qui traversent les sociétés occidentales (et celles dites émergentes) en cette fin de première décennie du 21e siècle. Cela tout simplement parce que le livre n’est pas exogène à nos sociétés. Les mutations dont il est à la confluence le démontrent clairement si besoin était.

Plus en détails, voici comment nous pourrions, je pense, préciser ce que vous appelez « forces fondamentales »…

L’essor technologique en premier lieu. Comment, en effet, ne pas penser à la théorie de la singularité technologique selon laquelle, observant la tendance exponentielle de l’évolution des technologies et des découvertes, nous devrions durant les prochaines décennies faire, tous domaines concernés, un gigantesque bond en avant.

Ensuite, la financiarisation de l’économie dont, avec l’actuelle crise, nous voyons les conséquences. Nous assistons ainsi depuis quelques années déjà à l’envahissement du champ du livre par de véritables majors de l’édition, dont le souci premier est la rentabilité immédiate et qui produisent en masse des livres rapidement écoulés, rapidement et facilement lus. Des best-sellers traduisibles et adaptables au cinéma, ou des livres de consommation courante en quelque sorte…

Enfin, l’émergence de ceux que Thierry Crouzet dans son essai éponyme appelle : le peuple des connecteurs. Les natifs du Web sont de plus en plus nombreux et un jour prochain ce sont eux qui habiteront la planète et seront aux commandes.

Les livres papier, non connectés, non communicants, non intelligents, les livres qui figent le texte leur apparaitront comme des supports archaïques. Ces trois forces donc : technologique, financière et générationnelle, impactent aujourd’hui directement le devenir du livre et de la lecture en modifiant profondément les accès. L’accès des auteurs à l’édition et également l’accès des lecteurs aux textes. Mais aussi, par une désintermédiation conjoncturelle, elles poussent le marché du livre à se réorganiser. Ce dernier, fortement structuré par son passé et par la contre-poussée de groupes de pression bien organisés et bien implantés dans la société (française en tout cas) résiste… Pour l’instant… De fait, ces forces ne sont que des forces. Elles peuvent être utilisées en bien ou en mal. C’est pourquoi je me bats depuis plusieurs années pour théoriser l’avenir du livre et encourager au sein de l’interprofession une vision prospective.

Enfin, pour être complet, il faudrait peut-être ajouter une quatrième force : le globish. Cette sorte d’anglo-américain international qui tend à s’imposer comme un espéranto. Au 15e siècle en Occident les livres étaient tous en latin, puis, à partir de 1450, avec le développement de l’impression à caractères mobiles et une meilleure diffusion des livres, ils ont été édités dans les différentes langues nationales… Nous pourrions aujourd’hui craindre qu’ils ne soient plus un jour qu’exclusivement numérisés dans une sorte de globish amélioré !

[PLC]- Quels sont donc les principaux enjeux à considérer ?

[LS] Ils sont d’abord et avant tout humains je pense. L’actuelle chaîne du livre, basée sur la matérialité physique du livre papier relié et imprimé, est un secteur capital de l’industrie et de l’économie culturelles de nos pays. Des milliers d’emplois sont en jeu. De ce point de vue, il est légitime que les organisations professionnelles s’arc-boutent sur les structures issues de la fin du 19e siècle.

Sinon, au-delà des considérations économiques, les principaux enjeux sont au niveau culturel. Le découplage des contenus et des supports, le développement d’une diffusion multicanal multisupport posent les questions de la conservation et de la mémoire.

A terme, la lecture pourrait muter comme jadis et engendrer des bouleversements dans la culture et la pensée occidentales aussi importants et conséquents que lors du passage de la lecture à haute voix à la lecture silencieuse. Ce qui touche le livre touche à la civilisation.

[PLC]- Quels seraient alors les gains et risques possibles pour la société civile ?

[LS] En attendant qu’un jour des professionnels extérieurs au monde du livre, je pense notamment aux designers et aux spécialistes des neurosciences cognitives, se penchent sérieusement sur la mise au point de nouveaux dispositifs de lecture, les principaux gains sont en gros ceux du Web 2.0 et de la mobilité.

Pour l’heure les nouveaux entrants qui cherchent à pénétrer le marché du livre sont des industriels de l’électronique qui veulent faire du business, à un niveau ou à un autre, que ce soit Sony, Google, Amazon, ou de plus petits. Les fournisseurs d’accès à Internet et les opérateurs de téléphonie mobile se révèlent comme de nouveaux partenaires essentiels pour diffuser demain les livres numériques. Comme les orfèvres au 15e siècle se révélèrent incontournables par leur savoir faire dans la fonte et les alliages de métaux, techniques qui étaient indispensables pour le développement des presses à caractères mobiles, plusieurs acteurs des nouvelles technologies vont devoir être mobilisés. Cela dit, le livre et la lecture ne sont absolument pas parmi leurs préoccupations.

Cependant, pour ce qui est des risques, ils ne sont pas liés, selon moi, au versant technologique (l’offre finira par s’adapter en partie à la demande, en tout cas, aux besoins) mais au versant financier. Les multiples questions des formats propriétaires, des DRM, de l’interopérabilité etc., se posent dès lors avec vigueur. Le Kindle d’Amazon en est emblématique. Vouloir reproduire sur des marchés numériques de la dématérialisation et de l’abondance les modèles classiques est une impasse. Une nouvelle économie devra forcément se mettre en place et pas limitée au seul marché du livre ou des biens culturels.

[PLC]- Si le livre se redéfinit, comment voyez-vous le lecteur du futur ?

[LS] Si nous concevons le livre comme un dispositif de lecture nous devons réfléchir en termes d’interface lecteur / livre. Avec le Web 2.0, nombre d’entre nous ont déjà acquis de nouvelles habitudes de lecture et nous pouvons penser que nous retrouverons certaines des caractéristiques et des compétences nouvelles que nous découvrons et développons aujourd’hui chez les lecteurs du futur. Ce sera certainement un lecteur plus actif que nous, qui participera, qui partagera, qui écrira lui aussi, commentera et interagira avec les autres auteurs et les autres lecteurs. Comme nous sommes aujourd’hui de plus en plus nombreux à le faire sur les blogs, les wikis et les réseaux sociaux. En somme, ce que faisaient les lettrés du Moyen-âge…

[PLC]- Et votre vision de la bibliothèque du futur ?

[LS] Je me réjouis souvent de constater que les bibliothécaires se sentent directement concernés par ce qui se joue aujourd’hui, mais, surtout, qu’ils sont souvent bien informés et désireux de participer à cette révolution du livre et de la lecture. Bien plus en tout cas il me semble que la majorité des libraires.

Cela dit, ce que recouvre votre question est immense et je ne pourrais y répondre en quelques phrases. D’autant que plusieurs blogs de professionnels (dont le votre) traitent abondamment cette question, qui peut faire rêver tous les amoureux du livre : la bibliothèque du futur ! J’y réfléchis souvent et j’ai parfois eu l’occasion, à Bruxelles et à Lausanne notamment, de m’exprimer sur ce sujet devant des bibliothécaires justement…

Si nous lisons (et j’invite tout le monde à le faire) ce très beau livre qu’est : « La Bibliothèque, la nuit », d’Alberto Manguel (Actes Sud éd.), il apparaît évident que bibliothèques et livres sont indissociablement liés. Et pourtant… Ne serait-ce pas qu’une apparence ? Ce qui est en train de se passer avec les dispositifs de lecture en papier électronique (e-paper), le téléchargement de livres numériques, etc. ne peut pas ne pas nous interroger. Alors, irions-nous vers… des bibliothèques sans livres ? Et que pourrait être alors une bibliothèque sans livres, mais, une bibliothèque malgré tout ? Une sorte de médiathèque de nouvelle génération ? Quoi d’autres et comment ?

Je pense que des expériences conduites sur Second Life, ce laboratoire ouvert qui préfigure ce que sera un jour le Web 3D, pourraient apporter au moins des éléments de réponses aux bibliothécaires et aux collectivités locales. La plupart des grandes bibliothèques universitaires anglo-saxonnes sont déjà présentes dans cet « univers parallèle ». Amazon aussi. Il existe une Bibliothèque francophone sur Second Life dans laquelle j’ai eu le plaisir de donner des conférences, lesquelles ont été toutes aussi suivies et intéressantes que celles que j’ai données physiquement devant des bibliothécaires présents en chair et en os. Mais, comme je vous le disais, la question est bien trop immense pour que je puisse y répondre ici. Il ne s’agit là que de quelques pistes que j’explore.

Au minimum, les bibliothèques seront dédoublées sur le modèle suivant : une bibliothèque physique doublée sur le Web 3D, toutes deux en interconnexion permanente (réalité augmentée, immersion, etc.) et interfacées par la bibliothèque numérique, constituée de l’intégralité des fonds numérisés. Autre point : je réfléchis également à une convergence dans le futur des rôles de bibliothécaires documentalistes et de libraires… Historiquement l’univers du livre était très concentré à son origine. De l’Antiquité au Moyen-âge le livre ne concernait qu’une petite élite et les mêmes personnes cumulaient les différentes tâches, d’écriture, de copie, de diffusion des textes… 1450 fut la date du « Big Bang ». Avec la complexification des techniques et l’expansion du marché, les différentes fonctions se sont spécialisées et des intermédiaires se sont imposés. Aujourd’hui, avec les nouvelles technologies, nous assistons à une rétractation de l’univers du livre (désintermédiation, auto-édition, impression à la demande, téléchargement, etc.). Le 21e siècle pourrait-il être celui du « Big Crunch » de l’univers du livre ?

[PLC]- Comment pouvez-vous qualifier la période actuelle ?

[LS] D’enthousiasmante. Ce qui est désespérant c’est le manque d’enthousiasme de nombreux professionnels du livre. (Mais pas de tous heureusement…) Ainsi que de certains groupes de pression dont les intérêts économiques sont directement liés à l’actuelle forme du livre et au marché tel qu’il est structuré. En vérité beaucoup vivent encore au 20e siècle, c’est-à-dire au siècle précédent ! Exception faite de ces tristes contemporains donc, ce que nous vivons en cette première moitié du 21e siècle est aussi excitant et prometteur que ce que nos ancêtres vécurent durant la seconde moitié du 15e.

Il est impossible que ce qu’il se passe actuellement autour du livre, de l’écriture et de la lecture, reste sans effets. Tout cela aura des effets majeurs et qui seront moteurs durant les siècles à venir. Je pense que très vite maintenant deux mouvements de fond vont finir par émerger, se rencontrer et s’épauler l’un l’autre. D’une part, de nouveaux entrants, étrangers au milieu du livre, vont venir bousculer les pratiques et le marché. D’autre part, au sein même des métiers traditionnels du livre, le renouvellement des générations va doper l’interprofession de l’intérieur. Les problèmes viendront peut-être de l’asynchronisme de ces deux mouvements. Le premier rapide, le second beaucoup plus lent.

[PLC]- Quelles sont les étapes clef qui sont à venir dans le futur qui se dessine ?

[LS] Une première étape sera sans doute l’arrivée massive dans le commerce de nouveaux dispositifs de lecture, performants et à des prix abordables. Il se passera alors certainement le processus que nous avons pu déjà observer avec les téléphones portables…

Une deuxième étape sera je pense la mise sur le marché d’une offre importante de livres et documents numérisés qui ne soient pas du domaine publique. Si les professionnels du livre restent sur leurs positions actuelles il se passera alors certainement le processus que nous pouvons aujourd’hui observer dans le secteur de la musique.

Une troisième étape enfin sera l’organisation d’un nouvel écosystème du livre qui sera en rupture avec ce que nous connaissons aujourd’hui. Après ces trois coups le rideau se lèvera et le livre reparaîtra aussi radieux que jamais !

[PLC]- Merci de partager avec nous ces nouvelles perspectives !


Lorenzo Soccavo

Prospectiviste du livre et de l’édition, conférencier et auteur, entre autres de « Gutenberg 2.0, le futur du livre » (M21 éditions) Lorenzo Soccavo pratique depuis 2004 une veille quotidienne sur les évolutions du livre et de son marché. Passionné de lecture et du Web 2.0 il cherche à mobiliser l’interprofession francophone du livre autour des enjeux qui se cristallisent aujourd’hui sur le monde de l’édition, avec l’émergence de nouveaux dispositifs et de nouvelles pratiques de lecture…


[PC…] Après un interview Bibliofusionnel, je vais me permettre un premier commentaire : le futur s’écrit maintenant et pour y participer pleinement les bibliothèques, éditeurs et autres acteurs doivent se doter d’outils adéquats, la prospective devient un incontournable dans ce contexte. Pour commencer, je vous recommande la lecture de Gutenberg 2.0, le Futur du livre (est-il déjà dans votre bibliothèque?). Ensuite, il faut encore poser vos questions, exprimer votre vision et investir en recherche & développement !

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Nkurunziza (Bonne nouvelle): Naissance d’un nouveau blogue : BiblioDraveuse

Une naissance est toujours l’occasion de réjouissance: il faudrait peut-être l’écouter… Et il ne s’agit pas de faire tourner un ballon sur son nez, mais bien de contribuer à édifier la bibliothèque du futur, l’école du futur… et notre avenir dans ce futur.

Félicitations Marie Hélène Labory, la maman peut être contente, la naissance d’un blogue dans le milieu documentaire au Québec doit être célébré.

Tu vises juste avec Grand Corps Malade: nous ne pouvons plus nous réfugier derrière les discours!

bibliodraveuse.wordpress.com/

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Les universités face à la fracture numérique

Nous devons prendre exemple sur les britanniques qui abordent la question des nouvelles technologies de manière pragmatique et réaliste : ils veulent que leurs universités évitent la fracture numérique ou encore que les étudiants et le personnel ne soient déphasés ! « HE in a Web 2.0 World », publié récemment par le Higher Education Academy et le JISC, examine les tendances dans l’utilisation de la technologie dans l’enseignement supérieur pour identifier leurs impacts sur l’apprentissage. Ce simple constat est déjà crucial : il n’y a pas d’un côté le Web, vu comme un terrain de jeux, et de l’autre l’enseignement. Ils considèrent la nouvelle donne globale telle que redéfinie par les réseaux sociaux: Facebook, blogues, YouTube et consort ne peuvent plus être négligés.

Ils veulent se mettre en phase avec les nouvelles pratiques des jeunes et soulignent que le simple fait de suivre le rythme se pose en défi ! Leur solution est simple : ils veulent que le personnel utilise ces mêmes technologies pour adapter l’expérience d’apprentissage proposée aux étudiants. La situation est la même qu’au Québec, surtout initié par quelques individus passionnés des réseaux sociaux, le courant se rend progressivement vers le haut et doit maintenant s’intégrer à une stratégie globale.

Et pour arriver à négocier le virage, ils proposent de soutenir plus largement le personnel des collèges et des universités dans leur utilisation des technologies Web 2.0. La formation du personnel est donc à l’agenda. Ça me semble effectivement la première étape à laquelle nous devons travailler rapidement au Québec (et dans la francophonie il me semble) pour éviter que l’écart ne se creuse encore plus entre la sphère anglophone et francophone, mais pire encore entre les universités et les jeunes !

L’aphabétisation informationnelle (information literacy) et numérique est clairement identifiée comme étant un champ d’intervention prioritaire. Les bibliothécaires sont donc directement interpelés et concernés!

J’ai fait une traduction libre de quelques passages de leur communiqué pour démontrer que leur stratégie est appuyée au plus haut niveau.

Selon David Sadler, directeur des technologique à l’Académie, « L’Académie mène un important travail pour améliorer l’expérience d’apprentissage des étudiants grâce à l’utilisation du Web 2.0, et nous travaillons en étroite collaboration avec les institutions et les membres du personnel pour identifier et partager les pratiques les plus efficaces dans son utilisation. »

Pour le Dr Malcolm Read, secrétaire exécutif du JISC, « Ce rapport met en évidence ce qui doit être fait pour maintenir la position du Royaume-Uni à l’avant-garde de l’enseignement supérieur. Le JISC continuera à fournir une infrastructure de classe mondiale pour soutenir l’utilisation des technologies Web 2.0 en donnant accès à plus de 18 millions de personnes à travers l’éducation pour garantir les ressources en ligne.

« Nous allons également renforcer notre travail en donnant la formation, de conseil et d’orientation sur la façon dont les apprenants et les universitaires peuvent re-utiliser et re-conditionner des contenus en ligne librement tout en respectant et en reconnaissant les droits de propriété intellectuelle – qui permettra de développer l’économie du savoir et du numérique.  »

Le Devoir parlait récemment de la fracture numérique pour nous signifier que « En cinq ans, le Canada est passé du 9e au… 19e rang mondial en matière de technologies de l’information et des communications. Une menace pour le développement du pays. » Michelle Blanc explique aussi pourquoi les entreprises sont en retard au Québec… Je pense que les universités doivent s’activer pour contribuer au changement!

Mon espoir est que la participation au colloque Génération C du Cefrio soit massive et que les participants représentent toutes les réalités de nos université et Cegeps… Le Cefrio nous demande si nous sommes prêts, mais je lis plutôt préparons nous!

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Quels éditeurs ont un futur à (au) Québec ?

Un billet essentiel à lire pour tous les éditeurs a été publié par Fabrice Epelboin de ReadWriteWeb France… Si vous avez des amis dans le monde de l’édition, faites leur lire attentivement dès maintenant, l’arrivée du Kindle aux États-Unis est un voyant rouge qu’ils ne peuvent ignorer!

J’ai sélectionné quelques passages pour donner une première idée du futur qui se dessine.

Le mouvement d’Amazon avec le Kindle est aussi important que celui d’Apple avec l’iPod, il doit être pris comme une menace mortelle et devrait faire passer le piratage pour une vaste blague destinée, au mieux, à endormir les enfants, au pire, les adultes du monde de l’édition.

Amazon communique plutôt bien autour du Kindle.

Le SNE (Syndicat National de l’Edition) communique lui aussi clairement en refusant toute remise en question de la façon dont le secteur de l’édition fonctionne, le condamnant, si ses membres suivent ses recommandations, à une catastrophe dans les années à venir (3 à 10 ans).

Il est indispensable de comprendre que la technologie n’est pas un outil aux service de ceux qui s’en emparent ou quelque chose contre lequel on peut se défendre, c’est un écosystème dans lequel il faut s’insérer. Pour reprendre une métaphore que j’ai utilisé dans un précédent billet tous ceux qui ont tenté de détourner le cours d’une rivière ont subit des réactions violentes en retour de l’écosystème. Mettre en place des DRM (Digital Rights Management), c’est du même ordre. On ne contraint pas la technologie, on en tire parti ou on la subit.

Pour faire la promotion d’un livre demain, il faudra communiquer de façon radicalement différente, que ce soit pour un livre électronique ou un livre papier. Toute initiative qui ne prendrait pas cette donnée comme un élément central est vouée à l’échec.

Les clubs du livre en ligne sont à inventer, il y a beaucoup à faire, et c’est au sein de tels groupes sociaux sur le net que pourra avoir lieu une communication efficace. Les libraires pourraient avoir leur rôle à jouer, mais ils sont pour l’instant totalement absents, les seuls acteurs du monde du livre a avoir pleinement mis les deux pieds dans l’univers des média sociaux sont à ma connaissance les bibliothécaires. Des initiatives comme Chermedia.com sont à l’avant garde, et le monde de l’édition devrait regarder cela de près et essayer de comprendre ce qu’il s’y passe.

Je suis heureux de voir les initiatives de bibliothécaires données en exemple, le travail de médiation numérique est entrepris dans les bibliothèques mais nous ne pouvons pas nous assoir sur nos lauriers, il s’agit des premiers pas de notre voyage dans le territoire du numérique!

Je suis aussi heureux de voir BiblioFusion donné en référence pour approfondir le sujet de l’édition électronique et figurer à côté de La Feuille, Revues.org, Lavachequilit et Epublishersweekly notamment!

Quelques conseils aux éditeurs du Québec qui veulent participer au futur de l’édition, participez à E-PaperWorld 2009 en septembre prochain, à Génération C du Cefrio en octobre, au Premier congrès des milieux documentaires du Québec en novembre, abonnez-vous à BiblioFusion et engagez un jeune diplômé de l’EBSI pour structurer votre veille informationnelle si ça n’est pas déjà fait!

Et mille excuses si tout ça est d’une évidence criante pour tous les éditeurs du Québec!

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