La *r*évolution du livre continue

C’est une nouveau tournant pour le monde de l’édition savante: les Presses Universitaires de l’Université du Michigan passent d’un modèle centré sur l’imprimé à une édition basée sur l’électronique! La diffusion des publications savantes sera essentiellement en format électronique, ainsi ils n’imprimeront plus d’emblée de leurs publications mais offriront l’impression sur demande.

Au moment ou les presses universitaires mettent à pieds leurs employés, selon Phil Pochoda, “le modèle économique de l’édition savante n’est pas un échec, mais il est brisé”.

L’objectif de l’Université du Michigan est d’expérimenter une nouvelle approche pour publier et diffuser une production intellectuelle qui autrement ne pourrait vivre avec le modèle de l’imprimé. Le modèle des licences de site est utilisé, à l’instar des presses de l’Université Duke, qui viennet d’ouvrir le service e-Duke Books.

Un dossier à suivre sur leur blogue et dans Inside Higher Education

Et de l’eau au moulin pour Hubert Guillaud!

(Suite à un courriel de Guy Teasdale, Directeur de la Bibliothèque numérique et des technologies de l’information à la Bibliothèque de l’Université Laval)

Qu’est-ce qu’un livre à l’heure du numérique ?

Dans le cadre du Forum Bibliothèques de Montréal 2.0, Hubert Guillaud (rédacteur en chef d’InternetActu) a fait une présentation inspirante et éclairante qui constitue une solide remise en question du livre et de la lecture traditionnelle par le livre électronique, plein de pistes sont à suivre. Je vous incite à le lire intégralement Qu’est-ce qu’un livre à l’heure du numérique ?, c’est une très bonne démonstration de la mutation en cours et j’aime particulièrement la notion de “livre social” qui peut guider le repositionnement de la bibliothèque dans le nouveau territoire de la lecture!

J’en retiens que nous sommes face à un éclatement du modèle du livre mais surtout de la lecture qui, selon Guillaud, “révèle et décompose nos modes de lectures”. Je vais paraphraser Raimondo Pannikar, qui parle de la “relavitité radicale du développement”: n’y aurait-il pas une “relativité radicale de la lecture” dont l’impact majeur est de favoriser la lecture socialisée dont parle Guillaud en faisant référence au “Read/Write Web”.

Le livre électronique représente un nouveau “continent documentaire” avec sa kyrielle de supports et ses multiples modalités d’accès qui questionnent directement le rôle de la bibliothèque. A l’heure du livre protéiforme, le modèle de la bibliothèque et de ses interactions avec les lecteurs, ne peut être qu’en mutation. Pour citer Guillaud “dans une économie de l’attention, le plus important n’est pas le contenu, mais le service”.

Et lorsque la planète Web offre aux lecteurs des services hautement interactifs comme Librarything (qui permet de commenter, recommander, partager nos lectures), les bibliothèques ne peuvent être qu’interpellées dans leur mission. La proximité traditionnelle des bibliothèques et des lecteurs doit s’articuler sur le Web.

Le travail ne fait que commencer!