Dans son article de prospective eBook : l’édition connaitra-t-il le même sort que la presse ? Fabrice Epelboin (ReadWriteWeb France) démontre de manière convaincante pourquoi la lecture numérique est proche de s’imposer et comment les éditeurs seront bientôt confrontés aux mêmes problèmes que la presse écrite. La lecture du livre électronique s’articulera essentiellement via les "eBooks readers" (tablette de lecture) qui optimisent la lecture écran tout en alliant mobilité et accessibilité.
“Une fois les premiers eBook readers ergonomiques sur le marché, l’arrivée d’un iPod du livre en quelque sorte, qui ne devrait pas tarder, l’adoption sera massive.”
Il présente son point de vue dans le contexte de la fragilité du milieu de l’édition, je souligne en condensé quelques points forts de son argumentation.
Selon Epelboin, la technologie est au point avec l’utilisant de l’encre électronique pour offrir une tablette de lecture offrant une bonne lisibilité, simple, pratique et économique tout en étant une solution écologique. Une masse critique de contenu s’offre aux consommateurs, dont les enseignants, pour les inciter à faire le saut dans un contexte de crise économique. L’auto publication et les nouvelles approches de diffusion avec les licences "creative common" amèneront aussi de l’eau au moulin pour faire pencher définitivement la balance.
Je suis en accord sur le fond, il reste à savoir comment l’industrie, les auteurs et les lecteurs réagiront face à ce nouvel environnement de diffusion du livre. Et aussi comment les bibliothèques se positionneront dans ce nouveau paysage…
Du côté de l’industrie, une question essentielle doit être réglée: celle de la portabilité des livres électroniques en lien avec les licences d’utilisation. Devons nous craindre une guerre de standards qui pourrait retarder l’émergence d’un modèle de diffusion ouvert et grand public? Comment les presses universitaires et les autres joueurs majeurs de l’édition savante vont-ils réagir? Toutes ces questions influenceront en retour le rôle de la bibliothèque et la gestion des ressources électroniques.
Du point de vue des lecteurs, je me questionne sur l’adoption de la tablette de lecture vis-à-vis des différents moyens techniques utilisés pour les autres types de lecture (blogues et autres lus avec un ordinateur). Mais les avantages seront là pour compenser, ce sera une adaptation supplémentaire et il faudra que la bibliothèque soit prête a jouer un rôle d’appropriation de la technologie.
Pour les auteurs, l’aventure pourrait se montrer définitivement attrayante, leur permettant de plonger dans un modèle d’édition où les interactions avec les lecteurs seront valorisées. Le dynamisme du Web 2.0 avec notamment la profusion de blogues et de sites littéraires n’est plus à démontrer. Sur ce point, les bibliothèques auront avantage à s’allier à ceux-ci pour bonifier le contact avec les lecteurs.
Chose certaine, ce sera la prochaine grande adaptation pour les bibliothèques dans leur rôle de médiation des contenus auprès des usagers! Les bibliothèques universitaires sont déjà largement confrontées au phénomène, il va bientôt se généraliser